Certains n’y croient pas, d’autres le voient partout ! Beaucoup de choses ont été dites à son sujet. Des dessins effrayants essaient de l’illustrer. Qu’en penser ? C’est simple. Il suffit de regarder dans la Bible.
Curiosité malsaine s’abstenir
Lorsque la Bible nous parle du diable, elle le fait assez brièvement et avec précision, juste ce qu’il faut pour que nous comprenions le problème, mais son but n’est pas de satisfaire notre curiosité en nous donnant un récit détaillé. Satan existe bel et bien. Ce n’est pas un sujet « croustillant » qu’il serait amusant d’aborder, comme une distraction pour se donner des frissons. Le diable est un ange maléfique, dont l’action nocive et dramatique explique pourquoi le monde dans lequel nous vivons n’est plus parfait (contrairement à ce que Dieu avait créé au commencement).

Parler du diable n’est pas un sujet « croustillant »
Plusieurs noms derrière la même personne
L’Ancien Testament mentionne Satan à quelques reprises seulement (même si ses actions ont de graves conséquences), pour indiquer qu’il est hostile aux humains en général et au peuple de Dieu, en particulier. Le nom « Satan » vient d’un mot qui signifie « adversaire ». Le Nouveau Testament en parle davantage et le nomme aussi le « diable » (1 Jean 3.8).
Parfois la Bible le nomme clairement, à d’autres moments elle le désigne par des expressions, qui évoquent son caractère maléfique (le « serpent ancien », « le tentateur », « l’adversaire », « un lion rugissant », « un dragon »…). Il a été suivi dans sa révolte contre Dieu par une partie des anges, sur lesquels il domine (Apocalypse 12.9). Ces anges déchus sont appelés « démons » (mot d’origine grecque, qui désignait des esprits ou divinités, dans le paganisme de l’Antiquité).
Responsable de la Chute de l’Histoire
La Bible ne nous donne pas le récit complet de l’origine du diable (même si certains pensent qu’on peut lire une allusion à sa chute dans la malédiction du prince de Tyr, Ézéchiel 28). Par recoupements, on déduit qu’il s’agit d’un ange créé parfait, qui a fini par se révolter contre Dieu. Dès le début (Genèse 3), la Bible désigne le diable, comme le responsable de la tentation d’Ève (1Timothée 2.14), qui conduit à la désobéissance d’Adam (Romains 5.14) et fait entrer le péché (donc le mal et la mort, Romains 5.12) et ses dérivés (maladies, souffrances, guerres, etc.), dans le monde, abîmant ainsi la Création parfaitement bonne de Dieu (Genèse 1.31). C’est ce qu’on appelle « la Chute », dans le vocabulaire chrétien. Dans le plan de Dieu, cette étape vient après la Création et précède (parce qu’elle lui donne tout son sens) la Rédemption (toutes les actions de Dieu nécessaires pour accomplir le Salut offert en Jésus-Christ).
Le diable ne peut pas enlever le salut
Mauvaise influence
Le diable est décrit comme « le dominateur de ce monde » (Jean 14.30) ou comme le chef des puissances spirituelles maléfiques (Éphésiens 2.2). Cela ne veut pas dire qu’il a « tout pouvoir » sur la terre, mais qu’il y exerce (pour un temps) une influence très forte. Dans toutes ses actions, Satan reste hostile à Dieu et à son plan. Il cherche à abîmer ce que Dieu a créé et à faire du mal aux humains. Il s’efforce aussi d’attrister ceux que Dieu aime spécialement et qui l’aiment en retour par la foi en Jésus-Christ, les chrétiens. Le diable ne peut pas leur enlever le salut, parce que cela dépend de la volonté de Dieu, qui est irrévocable. En revanche, il essaye de leur gâcher la joie d’être enfant de Dieu, en détournant leurs regards de Christ, soit en les appâtant avec quelque chose d’« apparemment agréable », soit en les effrayant (le but recherché, c’est que les chrétiens ne regardent plus à Jésus).
Jésus n’a cédé à aucune tentation du diable
C’est Satan qui tente Jésus dans le désert, pour essayer de le faire dévier de sa mission, juste après son baptême (Matthieu 4). On retrouve son influence malfaisante, plus tard dans le ministère de Christ (Matthieu 16.23), jusqu’à la crucifixion (Luc 22.3), à travers les moqueries des chefs religieux et du peuple juifs, qui défient Jésus de descendre de la croix (avant de mourir), afin de leur prouver son identité de Fils de Dieu. Si Jésus avait cédé à cette tentation, le salut des enfants de Dieu serait devenu impossible. Cette opposition acharnée de Satan envers Jésus est logique, puisque Christ est précisément venu pour « détruire les œuvres du diable » (1Jean 3.8) et triompher de lui en mourant sur la croix. Comme le précise la Lettre aux Hébreux :
« par sa mort, il [Jésus] a pu rendre impuissant celui qui exerçait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable » – Hébreux 2.14

Une victoire annoncée dès le début
En remportant la victoire de la Croix, Jésus Christ a accompli la prophétie que Dieu révèle après la chute (Genèse 3.15) : le « Descendant de la femme » par excellence (Jésus-Christ homme) écrase définitivement la tête du serpent ancien (le diable), au prix de sa vie. C’est pourquoi ce verset est considéré comme la plus ancienne proclamation de l’Évangile (on le surnomme parfois « proto-Évangile »).
La piété, l’arme la plus efficace contre le diable
Le Nouveau Testament montre que les forces du mal dirigée par Satan s’opposent aux serviteurs de Dieu et à l’Eglise de Christ. Ainsi, le diable « rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer » (1 Pierre 5.8). Paul précise aussi que Satan se déguise « en ange de lumière » (2 Corinthiens 11.14) pour masquer son désir de séduire les hommes, afin de les égarer loin de la vérité. C’est pourquoi les chrétiens doivent rester vigilants et grandir dans la sagesse qu’enseigne la Parole de Dieu.
Dans Éphésiens 6.11, nous sommes invités à revêtir la panoplie d’un soldat de Dieu, pour résister spirituellement au diable. Cette exhortation de la Bible nous indique que c’est par une vie chrétienne fidèle à l’Evangile de Christ, qu’on mène un combat efficace contre Satan et pas en cherchant à interpeller les démons directement.
La piété pour ne pas donner prise au diable
Si les chrétiens résistent avec une foi ferme (1Pierre 5.9), le diable fuira loin d’eux (Jacques 4.7). Cela implique que nous entretenions une communion personnelle avec le Fils de Dieu, afin d’éviter de donner au diable une influence sur notre vie (par exemple en veillant à ne pas se laisser dominer par le sentiment de colère, Éphésiens 4.27, nous éloignant de ce qui est juste aux yeux de Dieu, Jacques 1.20). En proclamant l’Evangile, les chrétiens réunis en Eglise combattent le diable, à la suite des Apôtres de Christ (Actes 26.18). Dieu conduit ce bon combat de la foi, pour que Satan soit finalement écrasé sous nos pieds (Romains 16.20).
Le diable n’est pas l’excuse de tes péchés
Il ne faut pas confondre le diable (ou les démons) et notre propre péché. Les premiers peuvent utiliser le second pour nous pousser à désobéir à Dieu, mais lorsque nous péchons, ce n’est pas le diable qui agit à notre place. Il peut nous influencer, nous pousser vers ce qui nous tente ou utiliser les mauvais penchants de notre cœur pour nous conduire à mal agir, mais nous restons responsables de nos actes et nous devrons en rendre compte à Christ (2Corinthiens 5.10). Adam et Ève, après leur désobéissance, ont cherché à se défausser sur un autre (Genèse 3.12-13), mais Dieu attend de nous que nous reconnaissions nos fautes avec sincérité.
Ne te défausse pas sur le diable. Assume et repens-toi !

Satan n’a pas le pouvoir de sortir du cadre défini par Dieu
Le diable est puissant, mais il est limité par sa nature (ce n’est qu’une créature), par son champ d’action, par le temps dont il dispose, par ses moyens d’action et dans ce qu’il a le droit de faire ou pas (voir le début de l’histoire de Job en Job 1.6-12 et 2.1-10 ou la façon dont Dieu permet les épreuves dans la vie des chrétiens en 1Corinthiens 10.13).
Malgré son désir de faire le mal, animé par sa révolte contre Dieu, Satan ne peut pas échapper à la souveraineté de Dieu, qui l’utilise (comme toutes choses, Romains 8.28), pour accomplir son plan. On le voit bien quand Satan entre en Judas (Jean 13.27), qui se lève pour aller trahir Jésus. Par cette action hostile envers Christ, le diable collabore à sa propre défaite, puisque l’arrestation de Jésus va le conduire à la croix, où Il triomphe du diable de façon absolue et définitive (ce qui devient visible pour les disciples, quand Jésus ressuscite, mais qui est déjà indiqué par Christ, lorsqu’Il s’écrie depuis la croix : « Tout est accompli ! », Jean 19.30).
Le diable n’est pas l’équivalent maléfique de Jésus
Le diable est infiniment inférieur à Dieu
Le diable n’est donc pas l’équivalent maléfique de Dieu, car il n’est qu’une créature révoltée contre son Créateur (même si c’est une créature plus puissante que nous). Il ne sait pas tout, il n’est pas tout-puissant, il n’est pas éternel, il ne peut rien créer (il abîme plutôt ce que Dieu a créé et pousse les hommes à faire de même), il dispose d’un temps de « liberté » contrôlé et limité, qui prendra fin par l’action directe de Dieu, pour sa condamnation finale (Jésus dit que l’enfer a été préparé pour Satan et ses anges, Matthieu 25.41). L’Apocalypse annonce :
« un feu [venu de Dieu] descendit du ciel et les dévora. Le diable, qui les égarait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre où sont la bête et le prétendu prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. » – Apocalypse 20.9-10
Lui et les démons ne règnent même pas en enfer
Donc : non ! Le diable et les démons ne règnent pas en enfer ! Cette fausse idée doit être dénoncée, car une certaine imagerie chrétienne traditionnelle l’a popularisée à tort. Non seulement le diable et les démons ne règneront pas en enfer, mais ils redoutent d’y aller (Luc 8.31) et quand ils y seront jetés, ce sera pour être châtiés (comme des créatures responsables et coupables de leur révolte contre Dieu) et non pour tourmenter les êtres humains, qui seront également là.
Mais pourquoi est-il là ?
Pourquoi Dieu a-t-il permis que le diable existe et qu’il puisse faire autant de mal ?
Cette question trouble souvent les chrétiens et semble offrir un argument imparable pour les athées, qui se moquent de notre foi.
Il faut être prudent dans la réponse que l’on donne à cette question délicate, car il s’agit de ne rien attribuer d’injuste à Dieu (comme par exemple qu’Il serait l’auteur du mal, alors que la Bible enseigne le contraire, Jacques 1.13-17).
Dans un autre sens, on ne doit pas non plus essayer d’« excuser » Dieu (comme s’il avait fait quelque chose de mal), en limitant son pouvoir, pour éviter de le rendre responsable de l’existence du diable. Si on raisonne comme cela, on affirme que le diable est capable d’échapper à la souveraineté absolue de Dieu (qui du coup, n’est plus absolue) en faisant quelque chose qui échappe (même provisoirement) au contrôle de Dieu.
Le problème semble insoluble à la compréhension humaine, à tel point qu’à ce propos Henri Blocher (un théologien français très brillant) utilise l’expression de « mystère opaque », c’est-à-dire quelque chose qu’on ne peut envisager ni clairement, ni entièrement.
Pour réfléchir à ce sujet, je te propose de considérer ce que Dieu dit, à un autre « prince du mal », le pharaon d’Égypte (qui opprimait le peuple de Dieu par un cruel esclavage) :
« Voilà pourquoi je t’ai suscité : c’est pour montrer en toi ma puissance et afin que mon nom soit proclamé sur toute la terre. » – Romains 9.17

Dieu est bon, saint et glorieux
Le but ultime du plan de Dieu, c’est qu’Il soit glorifié en Jésus-Christ, non seulement par ses enfants (Éphésiens 1. 4-6), mais aussi par tout ce qui existe (Philippiens 2.9-11). On peut donc considérer que Dieu a disposé les choses afin que le mal (initié par Satan, qui en est l’auteur direct) se manifeste dans la Création, pour un temps limité et dans le but d’aboutir à un bien plus grand :
la gloire de Dieu et le salut éternel de ses enfants, dans une nouvelle Création rendue parfaite par l’œuvre magnifique de Jésus-Christ et débarrassée du péché, de la souffrance et de la mort, pour toujours (le paradis éternel où Dieu accueillera son peuple, Apocalypse 21).
Il nous reste donc à confesser que l’ordonnancement de ces choses nous dépasse, mais qu’il n’échappe en rien à Dieu, ce que tous constateront, lors du retour glorieux de Christ.
En attendant, tenons-nous le plus éloigné possible du diable et de son influence et adorons Dieu, par la foi en Jésus-Christ, en reprenant ces mots de la Bible :
« O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles! Car
Qui a connu la pensée du Seigneur,
Ou qui a été son conseiller ?
Qui lui a donné le premier, pour qu’il ait à recevoir en retour ?
C’est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles! Amen!»
– Romains 11.33-36