Et si le but du célibat n’était pas celui que tu imaginais?

En Suisse et en France, la proportion de célibataires a presque quadruplé en cent ans. Chez les 20-39 ans, environ 20% sont célibataires, les raisons invoquées sont la priorité accordée aux études ou à la carrière, le désir de liberté, la montée de l’individualisme et la difficulté à trouver un partenaire.

Les célibataires sont dans les églises

Évidemment, cette réalité n’est pas sans effet sur les églises évangéliques, notamment parmi les jeunes. J’ai pu constater, en Suisse et en France, qu’une petite proportion appréciait son état, alors qu’une grande proportion souhaitait se marier notamment à cause de la pression ressentie pour parvenir à cet état.

Quel but poursuit ta vie ?

« Quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu »
1 Corinthiens 10.31

Avant d’entrer dans le vif du sujet, j’aimerais partager avec toi ce qui devrait être le but de ta vie. D’après la Bible, le but de la vie est de glorifier Dieu : « quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10.31). 

Donc, que tu sois célibataire ou marié, le but de la vie est le même : glorifier Dieu ! Souvent, laissant un peu trop de place aux idées qui nous viennent de la société, nous oublions dans quel but Dieu nous a créés : pour que nous portions son image sur la terre (Genèse 1.26). 

Est-ce, vraiment, le but que tu t’es fixé pour ta vie ?

Perso

J’ai pu remarquer que souvent on est célibataire, non par choix, mais par contrainte. J’ai longtemps été célibataire, avant de me marier à l’âge de 37 ans. Je n’ai pas toujours bien vécu ce moment, et ce fut parfois franchement difficile à accepter. Même s’il peut y avoir de l’amertume dans le cœur de la personne célibataire, j’ai pu aussi voir que cet état comportait un grand nombre d’avantages. Comment dépasser ce spleen qui touche souvent le célibataire ? 

J’aimerais partager avec toi comment la personne célibataire peut honorer Dieu dans son célibat de onze manières différentes, sans que cette liste soit exhaustive ou limitative.

1. En utilisant sa liberté pour de bonnes choses

Comme célibataire, tu as plus de liberté pour suivre Jésus. Tu peux te développer personnellement : prendre le temps de te former professionnellement, alors qu’objectivement, plus tard, avec un conjoint et éventuellement des enfants, tu auras moins de temps et de disponibilités. Tu peux consacrer du temps pour mieux connaître Jésus. Durant mon célibat, j’ai eu la joie de pouvoir faire une année dans une école biblique, c’était vraiment super. Et tout au long de mon célibat, j’ai pu multiplier d’autres formations bibliques très utiles pour la vie ! 

Si actuellement tu es célibataire, à quoi consacres-tu le temps que te donne ton célibat ?

J’aimerais aussi t’encourager à profiter de cette liberté pour trouver guérison et complétude ! Il peut arriver d’entrer dans le mariage avec des blessures et des dysfonctionnements dus au passé. Des problèmes qui n’ont jamais été résolus. Le conseiller conjugal Neil Clark Warren a dit : « Un bon mariage exige deux personnes saines qui ont trouvé la santé avant de se marier ». Ainsi, le célibat permet de faire le point avec Dieu pas à pas sur le passé, et de régler certaines difficultés.

2. En étant disponible

Le célibataire a plus de disponibilité pour Dieu. Personnellement, j’avais choisi de consacrer beaucoup de temps à Dieu. J’ai pris du temps pour lire la Bible au complet en une année et de nombreux ouvrages chrétiens ou commentaires de la Bible. Je m’étais aussi fait un calendrier de prière avec des besoins différents à présenter à Dieu chaque jour. J’ai pu aussi consacrer beaucoup de temps pour le servir en m’impliquant dans des camps, dans le groupe de jeunes de mon église et dans la chorale Psalmodie. J’ai pu ainsi avoir un ministère bi-vocationnel, c’est-à-dire avoir à la fois un métier qui me nourrissait, mais également beaucoup de temps pour me consacrer à divers ministères, sans être à charge de l’Église.

Le célibataire a également beaucoup de temps pour lui. Pour moi, cela a été l’occasion de faire régulièrement du sport, de voyager, de prendre le temps de voir de nombreux amis qu’aujourd’hui je regrette de ne plus pouvoir voir, faute de temps ! De nombreuses amitiés se sont forgées durant ma période de célibat. 

Le célibataire a aussi beaucoup plus de temps pour les autres ! Combien d’amis, de personnes de ton entourage ont besoin d’une visite d’encouragement, d’un signe d’affection fraternelle ? Le célibat permet d’être plus disponible pour les autres !

Et puis, dans nos pays, force est de constater que les jeunes professionnels célibataires ont généralement plus d’argent que les couples mariés ! 

As-tu considéré comment utiliser cet argent ? Soutenir ton église locale ? Certaines œuvres chrétiennes ? Et peut-être même économiser pour des réserves pour ta future vie de couple ou pour un logement pour la famille ?

3. En étant consacré

« Celui qui n’est pas marié se préoccupe des affaires du Seigneur, des moyens de plaire au Seigneur »
1 Corinthiens 7.32

C’est incontestable que la personne célibataire peut être occupée principalement aux choses du Seigneur à cause de la liberté et la disponibilité qui est la sienne ! Mais avoir de la liberté et du temps, ne fait pas de toi une personne automatiquement consacrée.

Le célibat est un état dans lequel nous pouvons particulièrement servir le Seigneur : « Mais je dis ceci… pour que vous vaquiez au service du Seigneur sans distraction » (1 Corinthiens 7.35). John Stott, le théologien célibataire, a dit : « Je n’aurais jamais pu autant voyager et écrire autant que je l’ai fait, si j’avais eu la responsabilité d’une épouse et d’une famille ». Alors, es-tu prêt à utiliser ton célibat pour être consacré au Seigneur ?

4. En ne méprisant pas sa valeur

Comme célibataire, notamment à cause de l’image que nous renvoie la société, il y a un vrai risque de se considérer comme une personne incomplète et de penser en soi-même : « personne ne s’intéresse à moi ». Chacun de nous, seul ou en couple, peut dire :

« Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. » (Psaume 139.14).

Dieu a dit du célibataire le plus fameux, son fils Jésus : « Tu es mon fils bien-aimé, en toi j’ai trouvé mon plaisir » (Marc 1.11). Malgré son célibat, Jésus était une personne complète ! Dieu aime son fils et trouve son plaisir en lui. Même célibataire ! 

Es-tu convaincu qu’aux yeux de Dieu, tu as autant de valeur qu’une personne mariée ?

5. Sans se laisser aller à l’égocentrisme

John Stott avertit : « L’un des plus grands dangers est de vivre repliés sur nous-mêmes. Nous vivons déjà seuls, nous avons donc tout latitude d’organiser notre programme comme nous l’entendons, personne n’est là pour nous le faire modifier ou nous donner des conseils. Si nous n’y faisons pas attention, nous risquons de tout faire tourner autour de nous. » 

Il y a donc un risque pour le célibataire, à tout faire tourner autour de son nombril. Pourtant, le célibat nous donne du temps pour nous tourner vers les autres, pour vivre la réalité du corps de Christ :

« Vous êtes le corps de Christ et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. » (1 Corinthiens 12.27) 

Célibataire comme marié, nous sommes appelés à mettre à mort la vie centrée sur soi et à s’offrir en sacrifice vivant à Dieu (Rom 12.1), c’est-à-dire soumettre au contrôle de Dieu ce qui est vivant en nous et qui doit être réorienté pour la gloire de Dieu. 

Est-ce que ta vie tourne autour de toi-même ou est-elle orientée pour la gloire de Dieu ?

6. Sans se morfondre dans la solitude

Un célibataire témoigne : « J’ai appris que j’étais depuis longtemps le seul responsable de ma solitude. Pourquoi un célibataire n’inviterait-il pas un ami et sa famille, ou un autre célibataire, ou un couple âgé à venir chez lui ? S’il ne se sent pas l’âme à accueillir chez lui, qu’est-ce qui l’empêche de rendre visite à des gens en maison de retraite, à l’hôpital ou au restaurant ? »

La solitude ne dépend pas directement de la présence ou non d’autres personnes. On peut être seul sans se sentir seul, on peut être entouré de gens et tout de même se sentir très seul. Le mariage ne résout pas le problème de la solitude, mariés ou célibataires, selon Albert Hsu (tiré de son livre Hors normes, éditions Farel) : « nous avons besoin de nous forger une identité en Christ qui ne dépend pas de nos rapports avec autrui ». Il ajoute : « Le célibat est un jardin dans lequel l’herbe de la solitude trouve un terrain favorable pour se développer. À nous de tout faire pour l’en empêcher. »

On peut être seul sans se sentir seul, on peut être entouré de gens et tout de même se sentir très seul. 

7. Sans être en attente perpétuelle

De nombreux célibataires vivent en pensant que leur célibat est une phase transitoire, et que la vie ne commencera réellement qu’au moment de leur mariage. C’est une erreur, car Dieu appelle les célibataires à une vie féconde spirituellement, aujourd’hui !

Je me suis beaucoup battu avec cette pensée… Sans cesse, je voulais me projeter en pensant à un éventuel mariage, à ce que serait ma famille, ce que pourraient être nos projets, etc. Il n’y a rien de mal à réfléchir à l’avenir… Mais c’est très hypothétique et cette réflexion peut être parfois obsédante. Je ne pouvais admettre que Dieu me donnerait d’être célibataire pour toute ma vie. Mais un jour, j’ai capitulé devant Dieu et lui ai dit : « ok, si c’est cela que tu veux, j’accepte de rester célibataire toute ma vie et de te servir ». Dans l’année qui a suivi, Dieu m’a fait la grâce de rencontrer ma femme et de partager avec elle ce renoncement que j’étais prêt à faire pour la gloire de Dieu. Elle venait de faire de même quelques mois auparavant…

8. En faisant face aux pressions sociales

Cet été, je voyais une connaissance célibataire publier sur un réseau social sa souffrance d’être encore célibataire, alors que la saison d’été voyait se multiplier les mariages, les salons du mariage, les livres sur le mariage, etc. La société exerce une certaine pression sur les personnes célibataires. Célibataire, le 14 février (Saint-Valentin) et les jours qui précédaient étaient pour moi l’une des pires périodes de l’année ! Le caractère romantique et soi-disant indispensable de la vie de couple est ainsi amplifié et fait des célibataires des gens à part.

Dans notre société, ne pas être accompagné semble anormal. Même s’il l’on sait que la relation n’est pas durable, il est préférable d’avoir un partenaire. À cela, s’ajoute aussi les pressions familiales. Certains parents, même inconsciemment, ont bien fait comprendre à leurs enfants les qualités requises pour leur futur conjoint. D’autres ont destiné leur enfant selon leur propre vision. Enfin, s’ajoute également les pressions de l’Église. Une fois, un homme bien intentionné m’interpelle : « Tu ne penses pas que le temps est venu de chercher un conjoint ? » Je ne me rappelle plus comment je lui ai répondu, mais au-dedans de moi, j’ai pensé très fort : « Tu crois vraiment que je n’y ai jamais pensé ? Que cela fait des années que je prie pour cela ? » Souvent, ces pressions révèlent une bonne intention : c’est juste d’encourager au mariage ! Mais il est aussi juste de ne pas faire pression sur les célibataires.

9. En vivant dans le contentement

Il n’y a rien de mal à vouloir se marier si l’on est célibataire et à considérer le mariage comme une possibilité future, mais il n’est pas sain de construire notre vie sur des événements qui sont incertains.
Il est préférable d’apprendre à la fois à préparer l’avenir et à vivre pleinement dans le présent.

Quoique prisonnier lorsqu’il écrit ces lignes, Paul nous enseigne sur le contentement : « J’ai appris à être content dans l’état où je me trouve. » (Philippiens 4.11)

Je t’encourage à cultiver le contentement ; à te réjouir en Dieu, à te réjouir pour les amis que Dieu t’accorde, pour ton église locale, pour la liberté de voyager, de servir, de consacrer du temps à des hobbys, d’avoir un travail intéressant, etc. 


Le contentement se cultive, il ne vient pas malgré toi !
Es-tu prêt à le cultiver ?

10. Vivant dans la pureté sexuelle

John Stott témoigne : « Le désir sexuel peut être très fort et il est même exacerbé par les pressions d’une société occidentale obnubilée par le sexe. Pourtant, en tant que chrétien, nous affirmons que la maîtrise de soi est possible. […] Si la tentation vient par le regard, ne regardons pas, si elle vient par le pied, n’y allons pas. Soyons impitoyables vis-à-vis de nous-mêmes dès qu’il s’agit de péché. » Il ajoute : « J’ai entendu que la maîtrise de la sexualité est impossible mais également déshumanisante, puisque les relations sexuelles sont supposées être un aspect indispensable de l’expérience humaine. Ce raisonnement est fallacieux, et nous devons avoir le courage de rejeter ce mensonge. Jésus notre Seigneur ne s’est jamais marié et n’a pas eu de relation sexuelle avec qui ce soit. Pourtant, il était, et reste, le modèle parfait de l’être humain. Son exemple nous apprend qu’il est tout à fait possible d’être seul, célibataire et humain à la fois. » 

Célibataires comme mariés, fuyons les sources d’immoralités ; des amis qui nous entraîneraient à mal faire, des lieux infréquentables. Laissons contrôler par un ami nos accès internet ou téléphones portables. Recherchons la redevabilité ! Le groupe de prières de jeunes hommes dans le cadre du groupe de jeunes que je fréquentais m’a beaucoup aidé dans ce domaine ; pourvoir partager avec d’autres le défi de la pureté sexuelle, s’encourager et prier les uns pour les autres.

11. En vivant sans engagement excessif

« Toi qui n’as pas de charges familiales, tu pourrais facilement t’occuper de ceci ou cela ? » Les pères ou mères de famille peuvent facilement décliner un service ou l’autre en mettant en avant leur famille. Le célibataire, pas ! Combien de fois ai-je été interpellé pour m’engager dans un nouveau service. C’est vrai, le célibataire a plus de temps. Mais il doit aussi veiller à avoir un engagement raisonnable. 

Célibataire ou marié, il est important de garder des petites plages de respiration pour être en communion avec Dieu sans être dérangés ou pour faire une activité appréciée ! Durant mon célibat, j’avais quelques plages incontournables dans mon agenda qui m’ont gardé près de Dieu ; un temps de lecture de la Bible le matin avant de partir au travail, des moments de prière en marchant dans la campagne, du foot une fois par semaine, un peu de tennis ou de VTT ici ou là…

Le célibataire, comme le marié, doit faire les choses non parce qu’il y est poussé… mais parce que Dieu l’appelle à les accomplir ! 

Veille à avoir un engagement raisonnable. 

Célibataire ou marié, même objectif

Quelque soit l’état (célibataire ou marié) dans lequel Dieu nous a placés actuellement, le but de la vie est le même : glorifier Dieu ! Car donné par Dieu (selon 1 Corinthiens 7), le célibat est un don, tout comme le mariage est un don. Elisabeth Elliot, qui a vécu le célibat, trois mariages, et s’est retrouvée veuve deux fois, a dit : « Après avoir vécu seule pendant plus de quarante et un ans, j’ai appris que cette situation est un véritable don. Non pas un don que j’aurais choisi… Mais rappelle-toi ceci : nous ne choisissons pas les dons ! Ils nous sont accordés par un donateur divin… C’est au sein des circonstances qu’il choisit pour nous — célibat, mariage, veuvage — que nous le recevons. C’est là, et nulle part ailleurs, qu’il se fait connaître à nous. C’est là qu’il permet de le servir. »

Le but du célibat, comme du mariage, est de glorifier Dieu.

Je t’encourage à reconnaître ton état comme un don de Dieu, sachant que cet état peut changer. Laissons Albert Hsu conclure : « Lorsqu’un célibataire se marie, il ne rejette pas le don du célibat. Et le mariage dans lequel il entre n’est pas une promotion, un pas vers une position plus élevée, un cadeau plus cher. Il y a simplement échange de deux cadeaux : celui du célibat contre celui du mariage. L’un n’est pas intrinsèquement meilleur que l’autre ; les deux présentent des avantages et des inconvénients. »

Aujourd’hui, déjà comme célibataire, tu peux vivre pour la gloire de Dieu !